Étude de photo-interprétation / Mauges Communauté (2024)
Étude archéogéographique réalisée entre mai et juillet 2024 par Gérard Chouquer et Jonathan Guillaume, avec le concours scientifique et administratif de l’AFAG et la contribution de Gilles Leroux (Inrap).
Partenariat administratif et financier : Aquilon Patrimoine.
Maître d’ouvrage
Communauté de communes de Mauges > Service du patrimoine
Nature de la commande
Mise à jour et renouvellement des connaissances archéologiques sur le territoire des Mauges en Maine-et-Loire. Le rapport d’étude est constitué de 32 pages d’analyse écrite, 53 cartes interprétatives, 348 fiches de sites et 520 fichiers de formes réalisés sous SIG (shapes). Il a été remis le 28 juillet 2024 au directeur du service du patrimoine de Mauges Communauté, Olivier Gabory.
Objectifs de l’étude
- Inventorier et géoréférencer 180 nouveaux gisements archéologiques détectés par Gilles Leroux en prospection aérienne à basse altitude.
- Inventorier et géoréférencer 340 nouveaux gisements archéologiques détectés par l’analyse des missions satellitaires et des missions photographiques à haute et moyenne altitudes.
- Étudier par des exemples locaux les phénomènes de transmission et de transformation du réseau parcellaire dans l’espace et dans le temps long.
- Étudier l’évolution des Forêts du Parc, de la Foucaudière et de Leppo, autour de la notion de “déploiement de la carte de la mémoire forestière”.
Résumé des principaux résultats de l’étude
L’un des apports principaux de l’étude est l’enregistrement de 520 nouveaux gisements archéologiques, ce qui représente une augmentation de près de 40% du nombre de sites référencés dans la “Carte Archéologique” pour la communauté de communes des Mauges. Les gisements correspondent, par ordre décroissant de fréquence, à des enclos fossoyés quadrangulaires, circulaires, curvilignes ou polygonaux, ou à des indices d’enclos. On retrouve aussi des concentrations de fosses, des chemins ou des limites parcellaires anciennes, et quelques éperons barrés. Parmi les découvertes les plus sensationnelles, on signalera le probable oppidum gaulois du Petit Rocher à Beaupreau. Des concentrations de gisements archéologiques ont également pu être observées. Deux d’entre elles se trouvent en périphérie de l’agglomération protohistorique et antique La Ségourie/Segora (commune du Fief-Sauvon). À l’ouest, plusieurs gisements se concentrent dans l’environnement plus ou moins proche de la voie de La Ségourieà Nantes, et au sud-est, entre les éperons barrés de la Motte et du Châtelet (EA 49 218 0083) et l’oppidum du Petit Rocher. Une autre concentration de gisements peut également être remarquée au sud de Saint-Florent le Vieil, qui est la deuxième agglomération d’origine antique reconnue sur le territoire. Deux autres concentrations pourraient éventuellement indiquer des pôles d’occupation d’origine protohistorique près du petit bourg de Sainte-Christine et au nord-est de Chemillé. Enfin, une dernière concentration d’enclos près du ruisseau du Planty a été repérée, dont certains avec des géométries assez originales.
Ces nouvelles données font de l’intercommunalité des Mauges la principale réserve archéologique régionale en nombre de sites inventoriés à l’échelle des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Elles ont également permis d’analyser des phénomènes de transmission et de transformation des formes du réseau parcellaire dans le temps à travers l’ouverture de quatre fenêtres d’étude locale. Une autre fenêtre a également été ouverte autour de la notion de « carte de la mémoire forestière » et des massifs du Parc, de la Foucaudière et de Leppo. Ces études permettent d’ores et déjà d’envisager des avancées notoires dans la compréhension de l’organisation spatio-socio-économique des Mauges sur la longue durée.
Elles illustrent et nourrissent également la proposition de « carte archéogéographique » du territoire intercommunal. La relation entre les sociétés et leur environnement est une question fondamentale, qui se pose aujourd’hui tant à l’échelle des instances internationales qu’à celle des collectivités locales. À travers l’analyse morphologique des formes du paysages, enrichie par la compilation des données dans un système d’information géographique (SIG), l’archéogéographie permet de mieux saisir la dimension chronologique de cette relation. La discipline accompagne un accroissement exponentiel des données géographiques et des sources historiques accessibles en l’organisant et en lui donnant du sens. Avec un nombre important de gisements archéologiques photo-interprétés, le territoire des Mauges s’avère particulièrement propice à l’élaboration d’un SIG intégrant à fois la spatialisation des données archéologiques et historiques et celle des réseaux de formes du paysage. Au-delà de l’approfondissement général des connaissances sur le territoire, cette « carte archéographique » des Mauges pourra alimenter les politiques patrimoniales et touristiques locales ou même les politiques environnementales et d’aménagement du territoire en prenant en compte les héritages du passé.
Une étude à retrouver dans la nouvelle édition de la “Carte archéologique de la Gaule, 49 : Maine-et-Loire” publiée sous la direction de M. Provost et G. Leroux (2025) à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : https://www.lcdpu.fr/books/E5C63C86-04C6-4698-82A0-B9B44EEF3F4C








OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
jonathanguillaume (14 mars 2025). Étude de photo-interprétation / Mauges Communauté (2024). AFAG - Association française d'archéogéographie. Consulté le 11 septembre 2026 à l’adresse https://archeogeo.hypotheses.org/4348



